Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Concession de mines d'asphalte à Lélex (1838-1877)

 

Concession Jantet, sans suite (1838)

Le mois de juin 1838 fut celui d'une course effrénée de demandes de concessions pour l'exploitation de l'asphalte dans l'Ain. Voici celle de M. Eugène Jantet de Nantua, pour une exploitation à Lélex.

Le 26 juin 1838, Eugène Jantet, propriétaire à Nantua et membre du collège électoral des arrondissements de Gex et Nantua réunis, tant en son nom qu'en ceux de MM. Blanc fils, notaire à Chézery et propriétaire à Lélex, Godet Jean-Marie et Durafour Jacques propriétaires l'un à Forens et l'autre à Chézery, Carrier fils à Nantua, Marinet propriétaire à Lancrans et Montanier, ancien receveur des douanes, adresse une lettre à M. le Préfet, avec plan (qui manque) pour l'informer que leurs recherches géologiques ont permis de découvrir à Lélex des gisements bitumeux, asphaltiques et houillers. En conséquence, il demande la concession de ces mines qu'il s'engage à exploiter d'une manière continue, comme encore de payer aux propriétaires une redevance de 15 centimes par hectare, conformément aux articles 6 et 42 de la loi du 21 avril 1810, etc. "Les moyens de tous genre qui sont à ma disposition me mettent à même de commencer immédiatement l'exploitation des mines".

 

Concession Grosfilley frères (1873-1877 ?)

Par une pétition adressée au Préfet, MM. Grosfilley frères, propriétaires et négociants domiciliés à Chézery sollicitent l'autorisation d'utiliser une partie des minerais d'asphalte qu'ils ont trouvés dans leurs recherches à Lélex. Le 16 septembre 1873, l'ingénieur des mines répond qu'il a visité avec son supérieur ces travaux au mois de mai. Ils en ont trouvé ensuite à un autre endroit dans le prolongement des bancs d'asphalte. Nous les avions engagés nous-même à faire tester des échantillons à l'usine voisine de Trébillet (Montanges). Favorable à une prochaine concession, il joint un projet d'arrêté, nécessitant l'accord des propriétaires du sol, pour une année et sans que ces recherches ne dégénèrent en travaux d'exploitation. Quelques jours plus tard, le 21 septembre 1873, à la demande de vendre les produits provenant des recherches, l'ingénieur en chef rétorque que les travaux des MM. Grosfilley sont peu étendus et très peu dispendieux, qu'ils se réduisent à quelques tranchées faites à ciel ouvert, et d'une faible profondeur. La matière ne s'altère pas avec le temps. Les travaux cesseront bientôt par suite de l'abondance des neiges dans cette région élevée. Il n'y a donc aucun motif pour autoriser MM. Grosfilley à faire un commerce de ce minerai.

 

En conclusion...

On ne sait pas où se trouvait cette concession. Elle exista pourtant et on sait qu'elle était exploitée en 1876, et aussi en 1877. Cependant, en 1879 (et de même en 1890 et 1896), Lélex était l'une des cinq concessions de calcaire asphaltique ou bitumineux dans le département de l'Ain, mais elle faisait partie des trois concessions inexploitées. En 1885, le stock restant sur la mine de Lélex avait permis d'alimenter l'usine de Trébillet [Conseil Général de l'Ain, Session d'août 1886, p. 107, 109 (vues 36, 38/1881) p. 111 (vue 365/1881)]. En 1896/1896, le Conseil général affirmait encore que l'exploitation des concessions de Lélex et d'Orbagnoux, avec une richesse assez exceptionnelle, pourraient permettre l'exploitation de "gîtes" éloignés des gares [Conseil Général de l'Ain, 1897, p.74, 76-78].

 

Source : AD01, 8S 33 ; Gallica, Registres du Conseil Général de l'Ain.

Publication : Ghislain Lancel

Première publication de cette page, le 4/12/2024. Dernière mise à jour, idem.

 

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