| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
Il y eut par le passé au moins trois lieux de prisons à Châtillon-en-Michaille, ce qui était justifié par le fait que cette commune était alors chef-lieu de canton de l'Ain. De la première prison, insalubre, tenue par une location de 1813 à 1817 environ, on ne sait presque rien. La prison du quartier de la Tour fut l'avant-dernière, la dernière ayant pris place dans au rez-de-chaussée de l'ancienne mairie, voisinant avec un petit local de gendarmerie.

L'ancienne prison du quartier de la Tour à Châtillon-en-Michaille (Ain), se trouvait à l'angle des actuelles Rue Saint-Joseph et Rue de la Tour. Deux murs de la pièce du bas comportent encore de nos jours quelques graffitis ou marques. En réalité ce sont deux cellules, celle des hommes (en face de la porte d'entrée, avec les graffitis) et celle des femmes (sans trace actuelle d'occupation passée), qui se trouvaient au niveau inférieur de la maison, et elles étaient séparées par une porte (détruite, vermoulue) comportant un petit guichet carré solidement barreaudé d'un croisillon de barres de fer. Ces deux cellules comportaient de petites baies barreaudées horizontales, encore visibles. Les souvenirs familiaux veulent que cette maison ait aussi été la mairie. De même, le salpêtre, confirmerait que la prison fut reconvertie en étable pour un taureau.
Des graffitis, peu nombreux et très peu marqués, sont encore décelables sur deux des quatre murs dans les parties supérieures ayant encore conservé un crépi ancien. On y relève des mentions d'années (1833,1835), des prénoms et noms, et des gravures en forme de maison aux multiples fenêtres ou d'un, peu probable, voilier !
Les plafonds ont été isolés récements, et la porte entre les deux cellules détruite en même temps que d'autres travaux, Dans le cadre des préparatifs du Préinventaire du canton de Bellegarde, publié en 2000, Jean Lafoucrière avait visité cette prison. Ses notes sont donc précieuses. Elles signalent des graffitis et des inscriptions nombreuses sur les encadrements de porte, des anneaux rivés au sol de la prison, et un "soldat" pris en photo (ci-contre), que nous n'avons pas retrouvé.



Publication : Ghislain Lancel. Remerciements : Jean-Paul Marbeau, Jean Lafoucrière.
Première publication le 10 avril 2024. Dernière mise à jour de cette page, idem.