Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Catelle (catôle en patois)

 

La catelle est une grosse poulie servant, lors des labours en terrains pentus, à hisser par une corde des brouettes remplies de terre depuis la raie du bas jusqu'à la raie du haut du terrain. La catelle était fichée au sol par un pieux passant dans son trou.

Catelle, catôle
Pièces n° 750 et 751. Catelles provenant du Bordaz (Champfromier)

 

Ces deux catelles ont beaucoup servi. Le trou en haut de celle de gauche, dont des fentes dans les deux joues de devant et de derrière, ne lui permettait plus d'être fonctionnel, a été remplacé par un fil de fer habilement torsadé, reprenant au bon endroit la forme du trou, le fil de fer étant solidement arrimé autour des deux tenons d'assemblage en bois. Les tenons étaient chevillés afin que le tout soit démontable pour remplacer une pièce défaillante, mais l'invention du fil de fer a rendu caduque les méthodes anciennes de réparation.

La catelle de droite (celle de la Chandelette) n'était pas démontable. Elle possédait deux trous permettant de la positionner dans deux axes différents.

Fifi a connu le temps où on utilisait encore la catelle rafistollée pour son jardin très en pente au Bordaz. Pour éviter que la terre ne s’accumule en bas, ou ne se perde chez le voisin, on remontait la terre chaque année. On commençait par faire deux raies de charrue au bas du jardin, deux allers si l’on n’avait qu’une charrue avec un soc sans bascule. Ensuite il fallait remonter cette terre fraichement retournée en haut du jardin, avec des brouettes traditionnelles.

Pour aider à la remontée de la brouette, on attachait la catelle, grosse poulie en bois, à un piquet solidement planté en terre en haut du terrain et on passait une grosse corde de chanvre autour de la poulie. A un bout la corde se terminait par une grande boucle que l’on passait autour des deux bras de la brouette, par le dessus. A l’autre extrémité une petite boucle permettait d’y introduire jusqu’à moitié un solide bâton pour que deux personnes, une de chaque côté de ce bâton, puissent tirer la corde avec beaucoup plus de force qu’en la tenant directement. S'il se trouvaient trois hommes, l’un dirigeait et montait la brouette hissée par la corde tandis que les deux autres tiraient sur l’autre bout de la corde passée dans la poulie. S’il n’ya avait qu’un homme il essayait de monter la brouette en même temps qu’il tirait sur l’autre bout de la corde, exercice difficile ! Arrivée en haut du terrain, on renversait le contenu de la brouette à proximité. Après une dizaine de fois, on déplaçait le piquet de bois pour bien répartir la terre.

Dans les champs labourés en forte pente, on procédait de la même manière. Mais si l'on pouvait y accéder avec un tombereau auquel on attelait une vache, on privilégiait évidemment cette manière de faire, moins éprouvante !

 

Remerciements : Félix Ducret, dit Fifi (n° 750) et la Chandelette (n° 751). Crédit photographique : Ghislain Lancel (02/11/2014).

Première parution, le 5 novembre 2014. Dernière mise à jour de cette page, idem .

 

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