| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
Le fléau, dit fléau à grain pour le différencier de l'ancienne arme blanche, était un instrument agricole utilisé pour le battage des céréales sur le sol.

Le fléau est composé de deux bâtons dont l'un est mobile. Pour cet exemplaire l'élément fixe que l'on tenait dans ses mains mesure 1,40 mètre, tandis que l'autre qui servait à détacher les graines mesure 85 cm . Les deux éléments sont réunis par un lacet de cuir offrant ainsi une très grande mobilité au second bâton. Mais pour plus de solidité on voit que ce long lacet est repassé trois fois en boucles d'une part dans un trou percé à l'une des extrémités du bâton mobile et d'autre part à une pièce de cuir, puis noué derrière d'un simple nœud . Pour le détail de l'assemblage, précisons que le cuir est percé d'un trou dans lequel passe un téton de diamètre un peu inférieur, afin de permettre aussi la rotation de la partie en cuir, téton lui-même fixé en bout du plus long bâton et maintenu par une petite cheville, le tout étant donc démontable et réparable. Ce procédé d'assemblage sans aucun clou ni pièce métallique permettait ainsi depuis des temps très anciens, d'obtenir un outil (voir une arme) ayant une partie pouvant prendre n'importe quelle orientation dans l'espace !
Pour ce qui concerne les céréales ou autres plantes produisant des graines à récupérer (comme le sarrasin, dit blé noir) qui étaient posées au sol en une couche de faible épaisseur, tout l'art du manipulateur consistait à ce que la partie mobile frappe les plantes en étant parfaitement à l'horizontal. Par un habile mouvement de rotation la partie mobile effectuait ensuite un cercle dans l'espace avant de retomber sur les plantes avec un léger décalage jusqu'à ce que toutes les parties des plantes aient été frappées et les graines détachées de leur support. Les plantes étaient ensuite retournées à la fourche avant un nouveau passage du fléau, puis retirées afin que les graines soient poussées ou balayées pour être rassemblées. Le cycle de ce travail recommençait alors avec une nouvelle couche de plantes traitées, jusqu'à épuisement...
Compléments : Voir le travail au fléau en Bresse dans le DVD du sarrasin et chanvre par l'association Patois, traditions et métiers d'autrefois du Canton de Saint-Trivier de Courtes.
Remerciements : Jean-François Marguerat (Lancrans). Crédit photographique : Ghislain Lancel (14/02/2011).
Première parution, le 14 février 2011. Dernière mise à jour de cette page, idem.