Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Famy François, maire (1803-1807)

 

Toujours très intéressants, ces documents anciens... Après la Révolution, la politique était bien bousculée, en France, et ceux qui critiquent les pays qui, après s'être libérés de leur gouvernement tyran, peinent à installer la démocratie et la paix, feraient bien de s'en souvenir.  Ce n'est pas si vieux ! [Mado Monthoux]

 

Après une probable nomination de maire (sinon il s'agissait de son frère, le prénom n'étant pas précisé) aussitôt suivie d'une démission en 1800, puis sa démission en tant que conseiller, deux mois avant d'être nommé maire en l'an XII (fin 1803), François Famy assumera cette fonction durant un peu plus de trois années, jusqu'à sa démission en 1807. Maire de transition, il est ainsi le seul à avoir connu sous son mandat les deux calendriers, révolutionnaire et grégorien.

Nomination de François Famy (30/12/1803)

Le renouvellement de la moitié des conseillers, vu l'arrêté du 14 nivôse an XI qui prescrit ce renouvellement de conseillers municipaux des communes de moins de 5000 habitants, avait été effectué avant sa nomination de maire (mais fut transcrit après dans le registre de Champfromier).

Les 5 membres restants sont : Jean-François Genolin, Joseph Ducret-Charrière, Julien Tournier, Jean-François Ducret et Pierre-Joseph Tournier. Ils sont effectivement tous connus depuis l'année 1800, sauf un doute sur le Joseph Ducret, qui semble être le maréchal du Pont, qui avait voulu démissionner puis s'était rétracté...

Les 5 nouveaux nommés sont : Joseph Ducret du Pont d'Enfer, Roland Tournier, Etienne Coutier, François Martin et Martin Julliand le Parisien. [RD07, f° 28 (20/09/1803, nomination puis serment avec les 10 signatures)].

[Dans l'ordre alphabétique (avec signatures au bas du folio 28) : Coutier Etienne ("coutier"), Ducret Jean-François, Ducret-Charrière Joseph, Ducret Joseph du Pont d'Enfer, Genolin Jean-François, Julliand Martin le Parisien ("Mjulliand"), Martin François, Tournier Julien, Tournier Pierre-Joseph, Tournier Roland].

Le 12 Nivôse an XII (30/12/1803), le préfet nomme maire le citoyen François Famy artiste en remplacement du citoyen Claude-Charles Bornet démissionnaire, et adjoint Nicolas Ducrest [CI-3077, futur maire, qui signe "N Ducrest", ou "Ducrest" seul) en remplacement du citoyen Grizard démissionnaire [RD07, f° 27v (30/12/1803)]. Et le sous-préfet Jean-Baptiste Meurier de Nantua d'en exprimer sa satisfaction aux maire et adjoints : "Enfin, citoyens, voila une nouvelle organisation de vos autorités, mairie, conseil, fabrique, tout est à neuf. J'espère qu'avec une pareille composition, le bien s'opérera, la tranquillité renaitra et tout le monde sera content. Très cordialement" [RD07, f° 27v (03/01/1804)]. Les deux nommés prêtent serment et signent le 17 Nivôse (au total 12 signatures, dont celles des nouveaux conseillers) [RD07, f° 28].

Nicolas Ducrest, adjoint du maire et secrétaire, démissionnera le 18 mai 1806, pour cause de multiplicité de ses affaires et soin de sa famille [RD07, f° 51v (18/05/1806)]. Il ne sera remplacé, par Jean-François Seigne-Martin, que le 26 mars 1807 [RD07, f° 54].

Secrétaire. C'est l'adjoint Nicolas Ducrest, qui fait fonction de secrétaire, et déclare que des pages comportent des ratures de numérotation, laissant entendre des malversations (pages supprimées ?). On apprend aussi que (pour éviter que les registres ne soient pas rendus aux changements de municipalités) le sous-préfet récupère et redistribue les registres...: "Je soussigné adjoint, faisant les fonctions de secrétaire, déclare que les cotes et paraphes du présent registre avaient été raturées et barbouillées depuis le feuillet 19 jusqu'au feuillet 37, par je ne sais qui, mais avant le 17 nivôse dernier, époque à laquelle le présent registre fut remis à François Famy maire par Mr Meurier sous-préfet" [RD07, f° 29v (11/02/1804)]. Après sa démission, le 18 mai 1806, le maire, étant de toute nécessité d'avoir un secrétaire, tant pour les registres d'état civil que autres choses, arrête que Joseph Ducrest, propriétaire au Pont d'Enfer, est et demeure nommé secrétaire (!), et il recevra 50 francs par an [RD07, f° 52 (01/09/1806)].

Démission du maire (15/02/1807)

François Famy, maire, "par suite d'arrangements nécessaires à sa famille et changement de domicile", démissionne le 15 février 1807 [RD07, f° 54]. Il signera encore en mars (sans le paraphe de maire) l'acte de nomination de Jean-François Seigne-Martin [CI-2567], nouvel adjoint, puis sa signature manquera, l'adjoint ayant visiblement la signature d'un faisant fonction de maire, ce qu'il deviendra effectivement au mois de décembre...

François Famy

François Famy (1744-1813) [CI-2041], est le dernier fils de Sr François Famy, chirurgien, et de Jeanne-Marie Cartier. Il épousa Marguerite Julian en 1764. Curieusement il est toujours dit "artiste" dans les actes de délibérations alors qu'il était Maître menuisier à la naissance de sa dernière fille en 1779, sinon cultivateur ! Talentueux, il avait dessiné et réalisé la charpente du nouveau clocher de l'église (avec de très rares sapins courbes) en 1806. Il fut toujours plongé dans l'ambiance de la gestion municipale : sa sœur aînée avait épousé Claude Grisard, qui avait fait fonction de maire durant quatre ans ; son frère ainé Joseph cumula les charges de conseiller municipal, commissaire distributeur et d'officier public en 1794/95 ; enfin lui-même était agent national (fonction créée pendant la Terreur pour représenter le gouvernement auprès des administrations) en 1794.

En trois années pleines (1804-1806) en tant que maire de Champfromier, il eut le soutien des autorités. Rappelons qu'il avait reçu les encouragements du sous-préfet dès sa nomination "Enfin, citoyens, voila une nouvelle organisation de vos autorités..." Comme pour ses prédécesseurs, il doit gérer les abus sur le bois (création de cantons réservés dans les bois communaux), tenter de réorganiser la gestion de la commune (nomination de deux gardes-champêtres) et s'occuper des cabarets. Il désire qu'on réduise le nombre de ces "cabarets où on y voit des désordres vraiment effrayants, comme ces chefs de famille laissant souffrir de misère femme et enfants et ne payant les contributions que par la force de la garnison". Il a aussi en charge la réparation des chemins. De peur que le presbytère ne passe dans des mains étrangères..., au moins à titre personnel, il fait partie des sept personnalités de Champfromier, Monnetier et Communal, qui rachètent ce presbytère à titre privé, avec l'intention de le revendre ensuite à la commune, dès qu'elle sera en mesure de le racheter (et de le réparer..). Mais l'argent manque et l'église menace ruine... On fait payer l'usage des communaux, la carrière de plâtre (de Prébasson) sera amodiée (mise en location). L'année 1805 voit aussi un nombre croissant de soldats réformés. François Famy démissionne le 15 févier 1807 "par suite d'arrangements nécessaires à sa famille et changement de domicile".

 

Publication : Ghislain LANCEL. Sources : AC Champfromier, RD 07.

Première édition de cette page, le 5 mars 2014. Dernière mise à jour, idem.

 

<< Retour : Accueil Administration civile