Logo PHC
Patrimoine et Histoire de Champfromier
Par Ghislain Lancel

Le parler des anciens de Champfromier, accueil

Les anciens écrits de Champfromier, et l'ancienne architecture des maisons en bois, rapprochent bien davantage l'ancien parler de Champfromier au dialecte du Haut-Jura qu'au savoyard. L'occasionnelle appartenance à la Savoie des terres du prieuré de Nantua dont relevait la terre de Champfromier, la guerre de Dix-ans, les nouvelles frontières départementales entre Jura et Ain ne sont que des aléas relativement récents survenus après des siècles d'une vie commune qui rassemblait tous les habitants du Jura.

Le parler du Haut-Jura appartient au groupe des dialectes franco-provençaux, néanmoins influencés au sud et à l'est par le romand et le savoyard.

Le patois n'est plus parlé par aucun habitant de Champfromier, et seuls quelques mots ou expressions sont encore connus des plus anciens (2009). Le patois n'avait perduré, dans certaines familles, que seulement jusque dans les années 1960.

Lucas Grenard, de Chézery, connaissait encore le patois lorsqu'il publia son ouvrage "Dans le Val Chézerand" en 1955. Son petit répertoire est bien précieux (comme le "lan", seule traduction connue [pp. 9-14]). Il précise aussi que Champfromier, Montanges et Confort ont le même patois que dans sa vallée (au ton non accentué) "mais avec une finale, un ton tout autre".

Généralités

Le francoprovençal, arpitan ou romand (Suisse), est l'une des trois langues gallo-romanes (les autres étant l'occitan et la langue d'oïl dont le français est une variété). Cet ensemble de parlers n'a jamais connu une norme unique. Si l'arpitan présente tantôt des traits communs avec les parlers de langue d’oïl (d'où le nom franco) et ceux de langue d’oc (d'où le nom de provençal), il n'est pas pour autant un mélange de français et d'occitan mais bien un groupe linguistique gallo-roman distinct.

La principale source de survivance du francoprovençal se fait dans les noms de hameaux, pays, bourgs et villes de l'aire de diffusion. La dernière consonne est rarement prononcée, ou bien sa prononciation indique l'origine étrangère du locuteur. Les suffixes en -az, -oz (-otz), -uz, -ax, -ex, -ux, -oux, et -ieux (-ieu) en sont caractéristiques. Ils indiquaient la syllabe accentuée. Pour les noms multisyllabiques, « z » indique l'accentuation sur l'avant-dernière syllabe, et « x » sur la dernière , ex : Chanaz (shana) ; Chênex (shè). [Wikipédia]

Le lieux-dits sont souvent précédé de la préposition "En", et si l'on trouve aussi "En la" au lieu de "A" (par exemple En la Guillonery, dans l'inventaire de 1443), c'est simplement par euphonie, pour que ce soit plus facile à dire et à entendre !

Les anciens champfromérands ont toujours inversé les genres de certains mots : un écurie (qui par ailleurs est une étable !), un poire et un vis, mais une lièvre ! Le prénom Camille se prononce de deux manières, Cami-le quand il est porté par un garçon (on se souvient de "Camile" Ducret, boucher) et Cam-ille pour une fille.

Dans les hameaux, comme à Monnetier et à Communal, on ne parlait pas exactement le même patois, certains mots étaient différents. Le beurre se disait bouriot à Communal (en insistant sur boû...), et d'un autre mot, plus proche de la sonorité beurre, à Monnetier. Il n'était pas rare que dans un couple, l'un seulement des deux époux aime ou sache parler patois, évidemment de préférence avec d'autres personnes le parlant aussi, comme un frère ou un parent éloigné. Eugénie Ducret-Lyset (1864-1949), grand-mère paternelle de Hélène Chevron, parlait le patois. Son mari, François Tournier ne le parlait guère. Leur fils Victor le comprenait, et s'étonnait en allant en pays savoyard de ne plus rien comprendre, sauf toutefois quelques mots identiques, ou avec une intonnation différente. En tous cas, à Champfromier, quand les grands-parents se mettaient soudain à parler en patois, c’est que les enfants ne devaient pas "entendre" !

 

Glossaire [En préparation (Cf Autrefois)]

Lo Cro et lo renet

 

Voir aussi : Langage et Le Bèlau dans Burdet, Notice sur les Hautes-Molunes, 1896, page 55-56.

Souces : Carte (nombreux sites Web)

Dernière mise à jour de cette page, le 2 février 2009.