Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Marius Chapuis, maire (1935-1944)

 

Marius Chapuis, ébéniste lyonnais, ancien opérateur des frères Lumière en Russie, était arrivé par mariage à Champfromier. Il devient maire dès sa première élection de conseiller municipal ! Il aura la lourde tâche d'assumer la vie de la commune durant la Seconde guerre mondiale.

Elections de 1935 (Conseillers, maire et adjoints)

Elections le 5 mai 1935, avec installation des conseillers le 18 mai [RD14, f° 334-336 (18/05/1935)].

Renouvellement assez radical, avec 8  nouveaux sur 12, Bornet Urbain, Chapuis Marius ébéniste, Ducret-Chevron Henri, Ducret Raymond, Genolin Francis, Pillard Louis, Tournier Alfred et Tournier Victor restaurateur, au lieu de Collet Louis [7079 (cultivateur au Bordaz)], Ducret-Humbert Antonin [6534 (charpentier)], Ducret-Bute Jules [6376], Ducret-Chevron Louis [6629], Guichon Alix [6577], Juilland Emile [(01) Giron (lapidaire) au Pont d'Enfer], Martin Gustave [7149] et Nicollet Jules [6757 (épicier)].

Dans l'ordre alphabétique, la liste des 12 conseillers devient : Bornet Urbain [6804 (cordonnier)], Chapuis Marius [(69) Lyon (ébéniste)], Chevron Joseph [6847], Coudurier Félix [7202], Ducret-Chevron Henri [6817 ? (Besson !)], Ducret Raymond [7235 (Marchand de bois, fils de Cyrille), Evrard Antonin [(01) Montanges], Genolin Francis [7023], Pillard Louis [7078], Tavernier François [6692], Tournier Alfred [7159 (menuisier)] et Tournier Victor [7112 (restaurateur)].

Ils élisent pour nouveaux maire Chapuis Marius (10 voix, contre 2 voix à Tavernier), et adjoint Tavernier François (11 voix, contre 1 voix à Evrard).

Marius Chapuis (1935-1944)

 

Marius Chapuis (1878, Lyon 1er - Champfromier 1961), ancien opérateur des frères Lumière en Russie, avait ensuite suivi une formation d'ébéniste à Lyon, avant d'épouser en 1905 à Lyon Marie-Clémentine Martin, la fille non reconnue d'une mère native de Champfromier décédée à Lyon peu après la naissance de cette fille. Marius Chapuis n'eut pas de postérité.

Outre ses participations à de nombreux bureaux (bienfaisance) et commissions (scolaire, discipline, pompiers, antituberculeux, électrique, cantine scolaire, etc.), il attribue l'ancien bureau de poste en salle pour une cantine scolaire dès novembre 1935, fait faire une étude sur la source du Potachet (1935) et d'une manière générale poursuit les adductions d'eau, réorganise le corps des pompiers (1935), remplace pour le moulin la traction par câbles par la traction électrique (juillet 1937), encourage les enfants au ramassage des doryphores (5 centimes par insecte). Mais il voit le remplacement du tramway par un service d'autocar (mai 1937), la suppression d'une classe à l'école (octobre 1938).

Durant la guerre, le Bureau de bienfaisance (distribution de pain, aide aux vieillards, assistance médicale, etc.) est constamment soutenu, il fait avancer d'une demi-heure la sortie des classes le soir à cause du couvre-feu, il alloue une somme à la Croix-Rouge, chiffre un montant de dépenses au service des cartes d'alimentation. Mais à la lecture des registres, la guerre semble bien loin de ses préoccupations, il n'y a aucune allusion aux crimes de guerre et aux fermes brûlées dont la commune a été victime. Le ouï-dire d'après- guerre le donne pour Croix de Feu.

Dès le 24 novembre 1944, de nouveaux conseillers municipaux avaient été désignés par arrêté préfectoral. Marius Chapuis n'en faisait plus partie, c'est Octave Tournier qui était en tête de liste.

Aux élections d'avril 1945, Marius Chapuis ne se représente pas, déclarant que "pour raison de santé, je suis dans l'obligation de me désister de toutes fonctions et charges publiques, et qu'en conséquence je retire irrévocablement ma candidature aux élections municipales du 29 avril 1945". Il adresse ensuite, dans le Réveil Patriotique, "ses sincères remerciements aux habitants de la commune et à tous ceux qui, pendant près de 10 ans, lui ont accordé leur confiance et leur considération". Mais un mois plus tard, il est l'objet d'une violente polémique... [Le Réveil Patriotique, 10 mai et 27 juin 1945].

 

Publication : Ghislain LANCEL. Sources : AC Champfromier, RD14.

Préparation : 2012. Première publication de cette page, le 20  septembre 2017. Dernière mise à jour, idem.

 

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