Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Marius Chapuis (1878-1961)

Pour ceux qui l'ont connu à Champfromier, Marius Chapuis laisse le souvenir d'un homme cultivé et distingué, ne se déplaçant jamais sans son chapeau ni sa canne. Mais sa santé était fragile, on dit d'ailleurs qu'il était venu à Champfromier pour raison de santé. Quand ses amis buvaient un bon coup, lui ne prenait que du café. A table, au lieu de pain il n'accompagnait ses repas que de biscottes. Ce régime lui permis en tous cas de vivre jusqu'à 83 ans. Homme discret il fut pourtant très jeune opérateur en Russie pour les Frères Lumière (1896-97), ébéniste de qualité à Champfromier, maire de ce village au plus mauvais moment (1835-1944), sportif skieur et initiateur de la boule lyonnaise à Champfromier.

Généalogie Chapuis

Narcis-Marius CHAPUIS, fils de Jean-André Chapuis (né à Ruy, Isère), employé, et de Marie-Lucie Martin (dévideuse, née à Champfromier, Ain), est né le 30 mai 1878 à Lyon (1er). Ebéniste, il épouse, le 26 septembre 1905 à Lyon (1er), Marie-Clémentine MARTIN (Lyon 1er, 23 avril 1878 – Champfromier, 21 novembre 1965), cannetilleuse. La mère de Clémentine était Julienne-Léonie MARTIN, née le 10 novembre 1854 à Champfromier (fille de André MARTIN et de Marie TABORIN). Elle n'avait pas reconnu sa fille et était décédée à Lyon (1er), le 10 octobre 1878, soit 5 mois seulement après l’accouchement, célibataire, dévideuse. Clémentine avait alors été recueillie pour un temps chez sa tante de Champfromier, et élevée en compagnie de sa cousine Marguerite, avant semble-t-il de repartir très jeune à Lyon. Marius Chapuis est décédé sans postérité le 16 novembre 1961 à Champfromier, où il est inhumé.

Un lot de cartes postales permet de suivre sa carrière et ses mutiples adresses, entre son retour de Russie et son arrivée à Champfromier :

Marius avait un frère cadet, Pierre Chapuis (Lyon 1879 - Lyon 1er 1900), qui fut lui aussi opérateur des Frères Lumières en même temps que Marius, mais en Italie. Il est décédé jeune, âgé de seulement de 20 ans, un peu plus d'un mois après le décès de leur sœur Marie-Julie dite Lucie (Lyon 1874 - Lyon 1er 1900).

Les frères Chapuis, opérateurs des Frères Lumière et photographes


Marius Chapuis

Marius Chapuis, fut opérateur (projection) en Russie (Saint-Pétersbourg, Odessa, Kiev, Rostoff, Tiflis, Simséropol, Migui Taguil, Tchernikoff) pour le compte de la maison Lumière, du 24 mai 1896 jusqu'en octobre 1897. De retour, il se reconvertira avec talent dans l'ébénisterie.

Marié en 1905, le couple Chapuis ne s’installe à Champfromier qu'entre les recensements de 1926 et de 1931, dans la maison de la cousine Marguerite de Clémentine Martin, au quartier de la Caserne (mais ils connaissaient bien les lieux, puisque Marius, mobilisé à Grenoble, demandait à Clémentine d'aller chercher Marguerite à Champfromier en novembre 1914). C'est dans cette maison que son épouse avait été élevée encore bébé après le décès prématuré de sa mère. Il est donc plus que vraisemblable que Marius Chapuis ait connu le village de Champfromier dès 1905 et peut-être même entre son retour de Russie en 1896 et l'année de son mariage. Par ailleurs ses frères et sœur étant décédés tous deux en 1900, il est aussi logique de penser que c'est lui qui conserva une partie des 90 kilogrammes de plaques rapportées d'Italie par son frère Pierre au retour de son séjour en Italie ainsi que l'importante correspondance entre les trois frères et sœur. Marius n'eut pas de postérité. Après le décès de sa veuve, en 1965, le maigre héritage passa en quelques mains. On retiendra seulement qu'il comprenait un morceau de cadre d'un ancien appareil photographique mais plus de deux cents plaques photographiques emballées dans des boites Lumière d'origine. Ces boites portent quelques mentions de lieu, en France (Duerne dans le Rhône, St-Jean de Gonville et Champfromier dans l'Ain, toujours en 1925) et en Italie (Rome, Turin, etc.). De fait, une vingtaine de plaques sont incontestablement des vues de Champfromier. D'après les dates et les lieux, les plaques d'Italie furent donc très probablement des vues prises par Pierre Chapuis en 1896/97, tandis que toutes les autres, ou presque, seraient des réalisations Marius Chapuis.

Les vues de Champfromier présentées dans ce site sont : Le tramway devant la maison Chapuis ; Panorama au photographe photographié ; Personnages au Pont-d'Enfer ; Trois femmes devant de la mairie ; Joueurs de boule lyonnaise ; Chez le forgeron Eloi Ducrest ; Procession à la Vierge ; Le lavoir de la Caserne ; Pré-Basson ; Maison Ducret-Médecin (à suivre...)

Vues d'Italie (Pierre Chapuis, opérateur des Frères Lumière), de Lyon et de France (Voir quelques plaques)

Marius Chapuis, maire de Champfromier (1935-1944)

En préparation

Marius Chapuis, ébéniste

Ebéniste à Lyon puis à Champfromier

Marius Chapuis, sportif

En préparation

Un grand regret

Si la vie de Marius Chapuis fut bien remplie, un regret ne le quitta toutefois pas. En décembre 1935 il écrivait à Louis Lumière "J'ai été désigné pour faire la tournée en Russie. Ce fut un voyage de dix-huit mois, le grand événement heureux qui m'a laissé un précieux souvenir, mais qui a créé le grand regret de ma vie, car mon insouciante jeunesse d'alors (18 ans) a fait que je n'ai pas su profiter des avantages qui m'ouvraient une belle voie, j'ai pris un chemin à côté qui a conduit ma vieillesse au regret".

 
En tenue de Cosaque, photographié à Moscou (Coll. privée),
Serait Marius Chapuis (ou plus probablement un ami opérateur)

 

Voir aussi : Autres portraits Chapuis. Autre site : Jean-Claude Seguin Vergara, Le Grimh, « Marius Chapuis » et « Pierre Chapuis ».

 

Remerciements : Jean-Marc Lamotte, chargé du Patrimoine Lumière à l'Institut Lumière de Lyon. Compléments bibliographique : La Production cinématographique des Frères Lumière, par Michelle Aubert et Jean-Claude Seguin (mention des carrières des frères Chapuis et photographies des frères, reproduites au Musée de l'Institut, dont celle ci-dessus pour Marius) ; Le Cinéma des origines, Les frères Lumière et leurs opérateurs, par Jacques Rittaud-Hutinet, pages 72-113 et 242-248 (Marius Chapuis, avec portrait tiré de ses en-têtes de lettres) et pages 115-123 (Pierre Chapuis). Crédits photographiques : Institut Lumière (voir ci-dessus).

Première publication, le 8 juillet 2009. Dernière mise à jour de cette page, le 27/08/16.

 

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