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Patrimoine et Histoire de Champfromier
Par Ghislain Lancel

Météorologie, accueil


Double arc en ciel sur Champfromier (Juillet 2012)
On observe très bien ici, les couleurs inversées et la Bande sombre d'Alexandre entre les deux arcs

La plus ancienne mention connue relative aux conditions climatiques sur le territoire de Champfromier date de 1565, en la Montagne de Challamoz (les alpages de Chalam). Les Montangers qui disposaient alors de l'abergement de cette terre se plaignaient de devoir redescendre chaque hiver à Montanges, vu "la grand abondance de neige et maulvais temps qui ordinairement toutes les annés et incontinent après la Sainct Michel archange, et souventeffois avant icelle, tombent en ladicte montaigne froidures, glaces, brolliatz et nyolles" [Mss 168, pp. 11-12].

Quelques actes d'archives nous renseignent indirectement sur des phénomènes climatiques excessifs. Ainsi pour les vents en 1685, une quittance de travaux signale "Plus, deux douzaines de lattes, employées en tous les couverts (du monastère), qui avoient été enlevés, emportés et fracassés ladite année [1685] par l’injure et impétuosité des vents" [3E 17057 (15 janvier 1687)].

En 1709, le "Grand hyver", qui sévit dans la France entière, fut aussi ressenti à la Grange de la Côte ( sur la Terre de Ballon),où "les blés d’hiver tant seigle que froment sont entièrement perdus par les gelées". Ce n'est pas mieux à Peillonnex (grangeage de Clarafond) : "les blés d’hiver, il n’y en a pas pour réensemencer la moitié desdites terres de ladite grangerie et que le peu de blés de Pâques qu’il y a n’est pas capable de nourrir lesdits grangers" [AD74, 6C672, f° 322].

Bien plus connues, rappelons que l'on trouve de nombreuses allusions à la météorologie au XVIIIsiècle à Champfromier, en particulier dans les notes des abbés Humbert et Genolin, maintes fois re-publiées (Histoire de Champfromier, etc.)

Citons seulement, le ressenti de l'éruption du Laki, par ce nuage qui recouvrit une grande partie de l'Europe en 1783, déjà provenant de volcans islandais ! "Câ été dans le courant de l’été de 1783 qu’on a vu dans l’atmosphère une espèce de fumée ressemblant aux brouillards. Les physiciens ont beaucoup raisonné et déraisonné sur cette fumée qui a été généralement répandue sur tout notre continent et sur la mer, et qui ne disparoit même encore entièrement à ce moment quoiqu’elle dure depuis huit mois" [Champfromier, Web BMS 1782/85 p. 17 droite.] C’était en fait les retombées des éruptions volcaniques du Laki, en Islande, qui commençèrent le 8 juin 1783 et se poursuivirent jusqu'au 7 février 1784 (130 cratères, 8 mois d'émission de gaz sulfurique, 15 km³ de lave basaltique, 120 millions de tonnes de dioxyde de soufre, etc. Les dégâts furent considérables, avec 21% de la population qui mourut de famine en Islande de 1783 à 1784].

Parmi les plus récentes, citons en quelques-unes. Au Pas du bœuf, la falaise qui se trouve à nu à cet endroit était source pour les anciens du Bordaz de prévisions météorologiques. Henri Ducret-Nance, demeurant au Bordaz, allait ainsi fréquemment jusqu'au réservoir du Bordaz, au bout de la rue. De là, l'absence d'arbres permettait alors de voir cette muraille rocheuse du Pas du Bœuf, et suivant que la roche était sèche ou suintante d'eau, Henri prévoyait le temps !

Caquetage. Il n'y a pas si longtemps, les Coudurier de Communal avaient prévu de faire les foins le lendemain, la météo officielle étant sans réserve : beau temps ! Mais la maman, entendant ce projet leur mis le doute : "Les poules n'arrêtent pas de caqueter, il pleuvra demain !" Et le lendemain, il plut toute la journée !

 

Débordements de la Valserine (Chézery et voisinage, de 1669 à 1944)

Les notes météorologiques (et agricoles) dans les registres de Champfromier depuis 1709

La sécheresse de 1719 [En préparation]

Météo et récoltes en 1782 [Prochainement]

Conséquences météorologiques de l'éruption vocanique du Laki, en 1783 : voir ci-dessus ;

1801 (31 décembre et janvier). Chézery. "Débordement de la Valserine (qui) emporte la digue (construite) pour garantir la tour du cabaret d’En Bas. Emporte une partie de la chènevière du cabaret d’En Haut" [Arch. Dioc. (Bourg), 471/20].

1812 , 14 février. Chézery. "Autre inondation" [Arch. Dioc. (Bourg), 471/20].

En 1815, le curé Randon de Chézery note : « le printemps fut extrêmement précoce ; au 9 avril, les arbres étaient feuillés jusqu’au sommet du Gralet. De mémoire d’homme, on n’avait jamais vu cela. » [Laubépin, p. 24].

1825 (9 juin). Refus de la mairie, sur la pétition de Claude-Marie Coutier sur la manque d'eau pour le mortier nécessaire à la reconstruction de l'église : "il n'y a pas de fontaine à proximité de l'église et la disette est l'effet de la sécheresse qui a commencé le 10 mars" [RD 08, f° 17v (09/06/1825)].

Tempête "en bas de la Combe d'Evuaz" en 1846 (de Montanges à Bellegarde)

En 1851, dans la nuit du 29 au 30 août, il est tombé 10 cm de neige sur le Jura, jusqu’à mi-hauteur [Laubépin, p. 24].

1859 – Inondation à Chézery, deux jours avant la Toussaint [Arch. Dioc. (Bourg), 471/20].

1861 et 1863 – Nouvelles inondations à Chézery [Arch. Dioc. (Bourg), 471/20].

1869, 8 août (ou le 5 septembre). "La sécheresse à Chézery se faisant sentir, les semailles tardives se desséchaient ainsi que les pâturages (...) Une procession à la Chapelle de St-Rolanda exaucé les désirs : pluie abondante le lundi et mardi". Par ailleurs, la même année, il est fait mention, au 17 octobre 1869 de "neige précocependant 3 jours"  [Arch. Dioc. (Bourg), 471/20].

1874, 16 et 17 septembre. Inondation à Chézery [Arch. Dioc. (Bourg), 471/20].

L'hiver 1888/89, la neige atteint 1 à 2 mètres, les communications sont interrompues. Deux personnes sont englouties par des avalanches aux Etraits, commune de Chézery, et là, il y a de 15 à 20 mètres de neige au fond du ravin. "La route de Champfromier à Chézery est interceptée par les avalanches qui se succèdent à chaque instant, tous les services sont interrompus. Le docteur Juillard, de Châtillon, a failli périr en se rendant à cheval à Chézery. Son cheval est resté pris dans une fondrière d'où on a eu toutes les peines du monde à le retirer ; des traîneaux ont été engloutis sous les coulées de neige, des maisons ont eu leur toiture défoncée, et plusieurs ménages ont dû se mettre à l'abri chez des voisins, notamment à Chézery-Forens. A Champfromier, M. Gojou, boulanger de Châtillon-de-Michaille, qui porte son pain chaque semaine dans les villages de cette région montagneuse, a eu son cheval assomé par une chute de neige tombée brusquement du toit d'une maison. Il y a longtemps que l'on avait vu pareille quantité de neige dont la hauteur atteint les deux mètres sur les hautes montagnes et 75 centimètres dans les vallées." [L'Abeille, 24 février 1889, p. 2]

Encore presque un mètre de neige dans les chemins entre Champfromier et la Combe d'Evuaz, en mai 1906 [L'Avenir Régional, du 06/05/1906].

Cyclone sur la Forêt de Champfromier, en 1946 [Prochainement]

Les bœufs déneigent au Pont d'Enfer, avant 1954

La crue des eaux au Bordaz, vers 1975 (Voir Canal de drainage souterrain de la Malacombe)

Hiver 1987 (article de la presse locale)

Le patrimoine céleste en 2010

Les fortes neiges de fin janvier 2015. Voir des photos des environs de la Chandelette (et de Champfromier).

Ciel couleur de feu, et son gigantesque arc en ciel, soirée du 5 juin 2015

Relevés pluviométriques à la Chandelette, de 2012 à mai 2016.

Air pollué, en décembre 2016

 

Lectures : Voir les hivers d'autrefois et les dictons de la Pesse et des Bouchoux, dans A. Vuillermoz, Deux villages en parenté (p. 79 et suivantes).

Et pour info, la pluviométrie à la Chandelette portée chaque jour depuis août 2011, avec totaux mensuels (consultation libre).

Voir aussi Catastrophes.

 

Crédit photographique et remerciements : Sœurs Clarisses de Champfromier.

Première publication, le 20 avril 2010. Dernière mise à jour de cette page, le 12 juillet 2012.