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Patrimoine et Histoire de Champfromier
Par Ghislain Lancel

Fruits et légumes, accueil

Jadis, aucune ferme, aucune maison n'était concevable sans son courtil (jardin) à proximité, ni ses plants d'arbres fruitiers hautes tiges. On trouve encore à Champfromier quelques très vieux pommiers ou poiriers, et plus souvent des pruniers ou des merisiers. Les bonnes années, comme en 2009, certain de ces vieux arbres ploient encore sous les fruits...

Mais beaucoup de variétés sont oubliées, perdues. En 1688, l'état des revenus de la cure de Montanges, article 10, détaillait la liste des bons arbres fruitiers de la cure ! "Le curé perçoit annuellement les revenus de la maison presbytériale et du clos y attenant, où il y a quantité de bons arbres à fruits, tels que des poiriers rosselets, bons-chrétiens, poires d'argent, poires chéries, poires perles, poires neirin, poires rafour, des pommiers, pruniers portant prunes de roi, mirabelles, perdrigons, damoisines, abricotières, damas, prunes dattes, prunes Saint-Michel, un mûrier, des griottiers et merisiers, sept à huit noyers rapportant seize pots d'huile" [Giron, Champfromier, Montange, par G. Debombourg, p. 18]. Combien de ces variétés sont-elles encore connues aujourd'hui à Montanges ? et Champfromier, village voisin, bien que d'un climat déjà un peu plus rigoureux ?

La vigne était aussi présente, en façade de bien des maisons, comme on le voit encore à l'entrée du hameau de Communal (maison à gauche, au carrefour).

Les fermes isolées ne manquaient pas non plus de s'abriter sous un tilleul, apportant aux hommes l'ombre fraîche en été, aux abeilles le nectar qui serait transformé en un délicieux miel pur sucrant et sédatif, et à tous encore ses fleurs séchées pour les tisanes et infusions du soir, préludes à des nuits reposantes. Champfromier comporte aussi de nombreux vigoureux noyers, y compris dans le village (Rue de l'Eglise).

 

Pommiers : On distingue les variétés de pommes dites d'été, d'automne et d'hiver. Seules les variétés d'été présentent les meilleures qualités gustatives dès leur cueillette sur l'arbre. Pour celle d'automne, il faudra attendre un peu après la cueillette, sans dépasser Noël, tandis que celles d'hiver devront patienter plus longtemps encore pour transformer leur amidon en sucre, mais elles seront savoureuses jusqu'en février. Tout ceci est susceptible de variations en fonction de la conservation (on peut prendre pour référence 10° et un petit courant d'air chaque matin !) et de la cueillette. Pour une qualité idéale, il n'y aura qu'un jour unique de cueillette, à déterminer par un savoir faire nécessitant des années d'observation mais dont un principe simple évite les grosses erreurs : cueillir les pommes le jour où les premières commencent à tomber naturellement de l'arbre (et non à la suite d'un gros coup de vent !)...

Les actes notariés, ne donnent que rarement des précisions sur les pommiers. Citons toutefois, en 1730 un "pommier de Pome bouvière" [3 E17445a, f° 235]. Ne sont-ce que des pommes qui n'étaient bonnes à manger que par les bœufs ? Précisons toutefois que la récolte des fruits, souvent leur partage, est souvent précisé dans les actes de vente ou de succession. Ainsi dans un partage en 1763 à Monnetier entre trois frères Ducret, on précise bien à qui appartiendront les"deux pommiers de pommes rouges", duquel et d'un gros frêne "ils en ramasseront les fruits et feuilles", et encore qui aura les fruits d'un "autre pommier appelé pommier Longet (?)", et pour un autre, "le tiers des fruits d’un pommier de pommes Valezet (?)" [3E17466, f° 25].

Le croisonnier (pommier sauvage) ;

Les pommes d'Adam ;

La pomme pentagonale !

 

Poiriers : Comme la banane et l'avocat, la poire ne mûrit pas de façon satisfaisante sur l'arbre. Sa chair y devient en effet sablonneuse ou granuleuse. A peine mûre, on la cueille donc pour la conserver en un endroit frais où elle termine de mûrir. Dans ces conditions, l'amidon se transforme en sucre et le fruit reste ferme avec une texture lisse, tendre et agréable. Il est signalé un poirier, "appelé Poire Martin", au partage Genolin de la Chaudanne, en 1781 [3E17080, f° 30v].

Poire-loup ;

Poire Maude ;

Poire du curé

Poire deux yeux [Prochainement]

 

Prunier :

Prune Colin [Prochainement]

 

Vigne :

La vigne en façade de la maison Chapuis ;

 

Autres sites : Lien vers Le Verger Tiocan, qui depuis 1987 préserve le patrimoine fruitier local.

 

Première publication, le 3 janvier 2010. Dernière mise à jour de cette page, le 28 décembre 2015.